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KEEP IT

Keep It

paroles et musique : Simon Carrillo alias Crimson

« Addiction » aurait pu être le titre de cette chanson.

Le narrateur des couplets est la personnification d’une drogue à laquelle je suis dépendant : mon téléphone.  Comme beaucoup, je vis une relation toxique avec lui.

Comme dans le film « Requiem for a dream » de Darren Aronafsky, à chaque saison qui passe, ce qui devait être le support d’un rêve d’émancipation et de liberté laisse progressivement tomber le masque et révèle sa véritable nature :  une drogue qui prend le contrôle. Dans ma chanson, chaque couplet est une saison : les enchaînements d’accords deviennent grinçants avec le temps, en triton  puis  demi-ton. La métrique binaire stable du début fait place à une mesure à 5 qui évoque le pentagramme. D’ailleurs, j’ai donné un nom à ce démon intérieur : « soulsnatcher », qui m’a été inspiré par les histoires de fantômes de l’époque victorienne et de la chanson Bodysnatchers de Radiohead.

Les bénéfices de Keep It seront reversés à l’ Association Addictions France.

THAT’S WEIRD

That’s Weird

paroles et musique : Simon Carrillo alias Crimson

J’ai peur du sommeil comme on a peur d’un grand trou,
Tout plein de vague horreur, menant on ne sait où

Charles Baudelaire ,  « Le Gouffre »  (Le Spleen de Paris)

La fable onirique « That’s weird » est née d’un rêve étrange dans lequel le monde se dérègle, les objets volent et le temps s’effondre. Et au cœur de ce chaos apparaît un puits infini.

Ce puits, c’est un gouffre de mémoire, de savoir, d’émotions… mais aussi un abîme capable de contenir toutes les absurdités, toutes les violences humaines. Pendant actuel du puits à souhait antique, ce puits moderne dans lequel on jette de la monnaie virtuelle m’est apparu comme une métaphore de notre époque : un endroit où l’on pourrait enfermer la bêtise collective, la folie d’un monde où le pouvoir de destruction dépasse celui de la création. Ce cauchemar est absurde, dérangeant, sarcastique et pourtant si proche de l’abîme dans lequel le monde est aspiré. 

Dans ce morceau, entre ironie et vertige, j’ai tenté de faire ressentir cette plongée dans ce puits infini, le puits de notre propre inconscience collective.

SCRAPE THE SURFACE OF THE AIR

SCRAPE THE SURFACE OF THE AIR

paroles et musique : Simon Carrillo alias Crimson

« My people have worn green glasses on their eyes so long that most of them think it really is an Emerald City. »

L. Frank Baum, Oz: The Wonderful Wizard of Oz

Dans un monde onirique, une civilisation obéit aveuglément aux commandements d’un gourou invisible et omnipotent. Celui-ci exhorte chacun à apprendre à « gratter la surface de l’air », un geste absurde et illusoire qui occupe les esprits, détourne l’attention du réel et empêche tout prise de conscience de la manipulation à l’oeuvre.

Dans ce monde, même les esprits les plus vifs s’épuisent à tenter de gratter la surface de l’air.

En marge de cette étrange secte, un seul y parvient réellement, : le poète. Non pas avec ses mains, mais avec ses mots.

BLOODY CODE

BLOODY CODE

paroles et musique : Simon Carrillo alias Crimson

« Il doit nécessairement craindre beaucoup, celui qui est craint de beaucoup ».

Sénèque

Le Bloody Code désigne le système pénal extrêmement répressif qui se développe dans l’Angleterre du « long XVIIIᵉ siècle ». Il rend passible de la peine de mort un nombre impressionnant d’infractions, notamment de nombreux crimes contre les biens. Le vol d’un bien d’une valeur supérieure à 12 pence — un shilling — pouvait ainsi être puni de mort : une somme correspondant environ à une quinzaine d’euros d’aujourd’hui.

On tentait de gouverner les comportements par la peur de châtiments extrêmes.

Aujourd’hui les grandes puissances recourent de plus en plus à une logique de dissuasion fondée sur la menace de sanctions extrêmement lourdes : sanctions économiques, frappes militaires en cas de franchissement d’une « ligne rouge », parfois dérisoire.

Or cette stratégie de la Mégalomanie est paradoxale : pour être dissuasive, la menace doit être crédible ; mais plus la sanction annoncée est extrême, plus son application réelle devient coûteuse, dangereuse et donc incertaine. Cette stratégie de l’arrogance et du mépris peine en fait à  masquer la fragilité d’un système fondé sur la domination et la démonstration permanente de puissance et s’étale encore chaque jour à la une de nos journaux.

NAMELESS

NAMELESS

paroles et musique : Simon Carrillo alias Crimson

« Tant qu’il existera, par le fait des lois et des moeurs, une damnation sociale créant artificiellement, en pleine civilisation, des enfers, … tant qu’il y aura sur la terre ignorance et misère, des livres de la nature de celui-ci pourront ne pas être inutiles. »

Victor HUGO, Les Misérables

Pendant la politique de l’enfant unique en Chine, de lourdes pénalités pouvaient frapper les familles qui avaient un enfant au-delà du quota autorisé. Certains de ces enfants n’étaient alors pas déclarés ni inscrits sur les registres officiels. On les appelait les heihaizi, les « enfants noirs ».

Ils existaient, bien sûr, mais sans véritable existence administrative, privés de nombreux droits, comme si la société refusait de les voir. Ils ne pouvaient pas sincère à l’école, accéder aux soins, avoir de papiers d’identité et d’emploi légal et de protection sociale.

Cette chanson parle d’une autre forme de l’« enfer » des Misérables de Victor Hugo, transposé ici en Asie : celui de ceux qui sont présents dans le monde, mais absents de la société. Vivants, mais privés de droits, condamnés à cette « damnation sociale » dont parlait Hugo.

AU FIL DE L’EAU

AU FIL DE L’EAU

paroles et musique : Simon Carrillo alias Crimson

RABIES CAUSES DEAFNESS

RABIES CAUSES DEAFNESS

paroles et musique : Simon Carrillo alias Crimson

“The Party told you to reject the evidence of your eyes and ears.
It was their final, most essential command.” 

George Orwell, 1984

Cette chanson imagine un futur pas si lointain, dans la lignée de 1984 ou de Black Mirror, un monde dystopique où la technologie, censée nous servir, finit peu à peu par prendre le contrôle de nos vies.