That’s Weird
paroles et musique : Simon Carrillo alias Crimson
J’ai peur du sommeil comme on a peur d’un grand trou,
Tout plein de vague horreur, menant on ne sait où
Charles Baudelaire , « Le Gouffre » (Le Spleen de Paris)
La fable onirique « That’s weird » est née d’un rêve étrange dans lequel le monde se dérègle, les objets volent et le temps s’effondre. Et au cœur de ce chaos apparaît un puits infini.
Ce puits, c’est un gouffre de mémoire, de savoir, d’émotions… mais aussi un abîme capable de contenir toutes les absurdités, toutes les violences humaines. Pendant actuel du puits à souhait antique, ce puits moderne dans lequel on jette de la monnaie virtuelle m’est apparu comme une métaphore de notre époque : un endroit où l’on pourrait enfermer la bêtise collective, la folie d’un monde où le pouvoir de destruction dépasse celui de la création. Ce cauchemar est absurde, dérangeant, sarcastique et pourtant si proche de l’abîme dans lequel le monde est aspiré.
Dans ce morceau, entre ironie et vertige, j’ai tenté de faire ressentir cette plongée dans ce puits infini, le puits de notre propre inconscience collective.